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Emploi & Formation

Comment trouver un premier emploi : la méthode locale

Chercher un premier emploi sur un bassin local n’a presque rien à voir avec une recherche nationale. Le nombre d’employeurs est fini, on peut les compter, et l’essentiel du travail consiste à les connaître avant de leur écrire.

Un jeune candidat consulte des offres sur un ordinateur portable posé sur une table de cuisine, un carnet ouvert à côté

Compter les employeurs avant de compter les annonces

Sur un bassin de taille moyenne, le nombre d’entreprises susceptibles d’embaucher un débutant dans un métier donné dépasse rarement la trentaine. Les lister est un travail d’une demi journée, et cette liste vaut mieux que n’importe quelle alerte automatique. Elle se construit à partir des annuaires professionnels, des panneaux des zones d’activités et du bouche à oreille.

  • Nom de l’entreprise, activité, effectif approximatif, distance depuis chez soi.
  • Nom de la personne qui recrute, quand il est accessible.
  • Date du dernier contact, et forme prise par la réponse éventuelle.
  • Une colonne libre pour ce qu’on apprend au fil des semaines.

Tenir ce tableau change la nature de la recherche. On ne postule plus au hasard, on travaille un territoire. Et l’on s’aperçoit vite que sur trente employeurs, cinq recruteront dans l’année, ce qui rend la relance non seulement acceptable mais nécessaire.

La candidature qui se lit

Dans une petite entreprise, la candidature est lue par le dirigeant, entre deux chantiers, sur un téléphone. Trois conséquences pratiques : elle doit tenir sur un écran, dire immédiatement quel poste est visé, et donner une disponibilité. Les formules de politesse longues et les paragraphes sur la passion se perdent dans le défilement.

Une candidature qui commence par « je suis actuellement à la recherche » perd sa première ligne. Celle qui commence par le métier visé garde son lecteur.

Le curriculum d’un débutant tient en une page et doit assumer le peu d’expérience. Un stage détaillé avec ce qui a été réellement fait vaut mieux que trois expériences énumérées. Les employeurs locaux savent lire entre les lignes : ils cherchent des signes de sérieux, pas un parcours.

Les relais à activer

Mission locale
Pour les seize à vingt cinq ans. Elle ouvre l’accès à des dispositifs, mais surtout à un réseau d’employeurs déjà partenaires.
Centre de formation
L’établissement qu’on vient de quitter reste le meilleur intermédiaire pendant au moins un an après la sortie.
Intérim
Mal aimé, il reste la porte d’entrée la plus rapide dans l’industrie et la logistique, et beaucoup de contrats durables commencent ainsi.

Un quatrième relais mérite d’être cité pour ce qu’il est : la candidature spontanée en personne. Elle fonctionne encore dans l’artisanat, le commerce et le bâtiment, à condition de venir à une heure calme, d’avoir un document à laisser, et de ne pas repartir sans un nom.

Tenir la durée

Une recherche de premier emploi dure rarement moins de trois mois, et la difficulté principale n’est pas technique mais morale. Deux disciplines aident. La première est de fixer un volume hebdomadaire modeste et tenu, par exemple cinq contacts, plutôt qu’un effort massif suivi d’une semaine vide. La seconde est de traiter chaque refus comme une information à noter dans le tableau.

Il reste une voie que beaucoup de jeunes candidats ignorent, et qui recrute largement à l’échelle d’un bassin : la fonction publique territoriale, où une part croissante des postes est ouverte aux contractuels sans concours.